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13/04/2006

Candeur et principe de réalité

Openoffice_1 « On se figure souvent des républiques et d’autres gouvernements qui n’ont jamais existé. Il y a si loin de la manière dont on vit à celle dont on devrait vivre, que celui qui tient pour réel et pour vrai ce qui devrait l’être sans doute, mais qui malheureusement ne l’est pas, court à une ruine inévitable. Aussi ne craindrai-je pas de dire que celui qui veut être tout à fait bon avec ceux qui ne le sont point ne peut manquer de périr tôt ou tard. Un prince qui veut se maintenir doit donc apprendre à n’être pas toujours bon, pour être tel que les circonstances et l’intérêt de sa conservation pourront l’exiger. »

Nicolas Machiavel, Le Prince, Page 63, Ed Bordas

Un grand nombre de commanditaires d’actions de conseil ou de formation m’ont confié en aparté, leur scepticisme quant au réalisme de beaucoup de principes de management mis en avant.

C’est pourquoi, j’ai pris et je prends soin d’élaborer et de mettre en oeuvre des actions pragmatiques, concrètes et opérationnelles au risque de subir les cris d’orfraie de quelque mol pensant* gardien du temple de l’immobilisme et de l’utopie.

Dans ce contexte où le politiquement correct guide plus que la raison les actes, est il bénéfique de faire preuve de réalisme ?

Vaste question que l’Ici et Maintenant !

* terme désigné par Alain MINC, Epîtres à nos nouveaux maîtres, Ed Grasset

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Voici les sites qui parlent de Candeur et principe de réalité:

Commentaires

Les défenseurs du dossier JO - Paris 2012 auraient bien fait de relire Machiavel...

Machiavel, John continue à inspirer nos politiques. Son intelligence rhétorique, sa psychologie sociale, sa pensée politique - que l'on confond à tort avec le cynisme (pauvre Diogène!) ou du moins l'idée que l'on en a - s'applique encore alors même que Machiavel ne cautionnait pas forcément ce qu'il constait : des relations humaines dominées par des rapports de force qui n'ont pas intrinséquement pour règle d'être fondés sur le mérite, et la duplicité nécessaire pour se maintenir au pouvoir.En bref, nos hommes politiques sont encore tels que les voyait Machiavel : opportunistes, déloyaux, cupides, souvent ambitieux ambitieux uniquement pour eux-mêmes et si peu dignes au fond de leurs responsabilités. Nicolas Sarkozy me semble un monument du genre. Et pourtant, ne crois pas que je sois l'une de ces insupportables gauchos ou apolitiques !

C'est sûr que la dernière phrase du passage que tu cites va à l'encontre de la bonté chrétienne en ttes circonstancs prise au pied de la lettre ! tendre l'autre joue mais qui peut en être capable ! C'est un suicide social ! Même le pacifiste Gandhi n'était pas exempt d'humeurs et d'autoritarisme.

Mais pour réadapter Rousseau : il faut apprendre à être faible sans forcément le montrer, prendre conscience de son ignorance, pour être toujours le maître. A commencer par être maître de soi ! Défi considérable.

C'est donc un vaste débat que tu soulèves. Dans bien des contextes - a fortiori un contexte pro - l'idéalisme n'a pas sa place. Il faut faire marcher la baraque, et le mieux possible, ensemble. Pourtant l'idéal doit continuer à être notre matrice. Tendre à ce que tout un chacun (et ça ça vaut très pragmatiquement dans uen entreprise puisque ça produit de la rentabilité) exprime son meilleur. Et avant d'espérer cette amélioration collective, tendre au meilleur de soi. Mais l'idéal dans un contexte politique rejoint l'utopie sanguinaire quand il est dénaturé : révolution française, communisme, tout est uen question de dosage, de tempérance, de lucidité, je suppose.

Encore une chose, l'idéalisme n'est pas seul à être tenu en échec. Regarde notre système économique, du moins le libéralisme à l'américaine,le pur fruit du pragmatisme à première vue. Il montre actuellement ses limites avec la remontée du chômage aux USA et la hausse affolante du surendettement des ménages - ça vaut aussi pour l'Angleterre - suite à une politique un peu trop incitative de crédits à la consommation et restructuration du crédit immobilier.

Mais pour en revenir à ta note, c'est toujours bien de prendre à bras-le-corps l'immobilisme, celui-ci n'est cependant pas toujours là où pense qu'il est. Des propositions, capitaine ?

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